•-• Lola's Book •-•

Le titre est assez expressif .

10 juillet 2008

[ 60 ]

Le rendez vous de hier chez la psy, s’est plutôt bien passé. J’étais allongée, elle m’a fait sa relaxation puis on a commencé à rentrer dans le vif du sujet. Quelques serrement de gorge, de larmes qui coulent mais rien de bien méchant. J’avais réussi à utiliser de nouvelle ressources, et imaginer comment tout aurait pu se dérouler si j’avais eu ces « ressources ». A la fin elle m’a dit que d’après elle, tout est fini pour mon grand-père. Mais il faut encore attendre quelques semaines pour voir si je ne fais pas de cauchemar sur lui ou quelque chose du style. Bizarrement j’étais pas plus contente que ça. J’étais pas pleine de joie, ni entrain de pleurer quand même. Cependant lorsque je l’ai dit à ma mère, elle était toute contente, et très fière. Je lui ai tout de même rappeler qu’il fallait attendre un peu avant de se prononcer, qu’elle ne se fasse pas de fausse joie. Effectivement le soir venu j’avais une pêche de fou, impossible de m’arrêter de chanter et de danser dans ma chambre. Et donc bien sûr impossible de m’endormir tout de suite : alors j’ai fini mon deuxième livre, puis j’ai regardé des conneries a la télé pour finir par m’endormir je ne sais quand. Et je fus un cauchemar bien évidemment. Je ne me souviens que d’un très très cour passage. J’étais dans un lieu qui m’était inconnu, et il y avait de nombreux lit avec des pieds dépassant le bout du lit qui bougeaient. C’était relativement effrayant. J’y ai vu ma grand-mère et je suis partie la rejoindre en courant, j’ai sauté sur son lit de façon à m’allonger sur elle. Elle s’est alors redressée et j’ai vu sa tête. Elle était épouvantable, elle m’effrayait, son visage avait des traits très fin et creusés, et des yeux exorbités. Son regard me démontrait parfaitement qu’elle voulait me dévorer sur place. J’eu une trouille phénoménale et je me suis réveillée lorsqu’elle s’est mise à ouvrir la bouche et à hurler plus fort que tout. Dés que j’ai ouvert les yeux je me suis dit : « putain c’est pas terminer » et je me suis mise à pleurer pour ensuite me rendre compte que je n’avais pas rêver de mon grand-père mais de ma grand-mère. Mais je pleurais toujours, mon cœur battait à toute vitesse sans s’arrêter. J’avais crû la reconnaître, mais son visage avait changé, elle était effrayante. C’est fou comme mes rêves représentent la réalité…

Lola .

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08 juillet 2008

[ 59 ]

Je ne sais toujours pas comment définir tout ce qu’il se passe en moi. Et pourtant je crois qu’il le faut bien. J’ai l’impression que plus j’avance plus je me détruit. Alors que ça devrait être le contraire. J’ai envie de solitude et d’être entouré, de manger mais j’ai pas faim. J’ai l’impression de tout perdre au fur et à mesure de cette fructueuse descente. Je me renferme, m’éloigne de tout et tout le monde, alors que je sais pertinemment que si je continue je vise ma perte. Les ennuis ne sont pas fini, c’est évident qu’au moins je ne m’ennui pas. Mais pourtant ça ne me dérangerai pas de m’ennuyer un peu. De ne plus penser à rien, juste à apprécier la vie, la nature, et les gens. Mais ça chez moi c’est impossible. Mon cerveau est toujours entrain de penser à 36000 truc en même temps, et encore j’oublie toujours tout. Ceci dit s’il y a bien quelque chose que j’oublie pas, c’est mes amis, et les gens que j’aime. Je ne les oublierai jamais. Soyons clair là-dessus. Ma grand-mère me manque. Mon frère me manque. Et j’ai toujours autant de question sans réponse, je n’arrive pas à m’arrêter avec tout ça. C’est fou tout de même. Va falloir qu’on explique un peu dans quel monde nous sommes. S’il y a des Hommes de confiance ou non. S’il y a tout simplement des Hommes bons. A quoi bon de vivre si à chaque fois quelque chose me tombe sur le coin de la gueule. Non mais expliquez moi tout de même. Et puis après tout je suis chiante avec mes explications, il y en a pas un point c’est tout. Je devrai me mettre au christianisme ou un truc du style qu‘on nous enseigne au lycée. Avec eux c’est tout simple c’est le destin, tu fermes ta gueule, tu te poses pas de question et t’avance point bar.Haaaa j’aime pas cet état dans lequel je suis . Poufffffffff L Demain j’ai psy, pendant 2 heures, c’est de mieux en mieux, j’vais finir par y faire ma vie là-bas. On est sensé mettre en paix la jeune fille de 7 ans. Et après je suis supposée aller mieux. Prions pour alors. Parce que pour l’instant dîtes-vous bien que c’est pas le cas. J’étais sensé sortir ce week-end, comme d’ailleurs ces derniers week-end, mais je n’en ai plus envie. Pourtant oui je m’amuse, mais j’ai plus envie de voir personne. Bon ceci dit, si ça se trouve ce soir ça ira mieux, ou même dans une heure. Enfin peut-être pas.

Bref un peu de nouvel de ma famille tout même : Ma grand-mère marche maintenant avec une canne, c’est très bien je suis super contente pour elle mais son bras ne bouge toujours pas. Ma tante, elle va apparemment mieux, depuis son hospitalisation ici. Mon père et moi nous nous sommes engueuler, ça s’est terminer sur « Un jour tu réaliseras que tu as aussi un père, j’espère que ça ne sera pas trop tard ». Ma mère est épuisée, elle en a marre de tous ces problèmes à la con. Ma sœur, elle va très bien je pense que ça doit être la seule de la famille. Ces 5 derniers jours, j’avais la mère de mon beau-père à la maison, Hervé ne la supporte plus alors il fait tout pour l’éviter. Sympathique, pourquoi l’inviter alors. Bref. Mon frère aussi semble allait bien, c’est le principale. Sur ceux. Voilà, je n’avais rien à dire au début, je n’ai toujours rien à dire, je comble du blanc, j’essaie de dire ce qui ne vas pas mais c’est sans succès.

" Je fais reculer la mort à force de vivre, de souffrir, de me tromper, de risquer, de donner et de perdre."
Anaïs Nin.

Lola .

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22 juin 2008

[ 58 ]

Je n’arrive pas à dormir. Non je n’y arrive pas parce que je n’en ai pas envie. Toutes les nuits je rêve de chose et d’autre. Mais spécialement d’Alexandre et Jessy. Pourquoi eux? Pourquoi une nuit l’un et une nuit l’autre? J’y pensais plus, ils étaient loin. Ma psy me dit que ce n’est pas anodin. Que c’était les deux personnes que j’ai le plus aimé et que mon inconscient veut me rendre heureuse au moins dans mes rêves. Mais c’est horrible ça me fait du mal. J’ai l’impression d’avoir la tête comme une machine à laver. Dans chacun de mes rêves à un moment donné le mot « inceste » est prononcé. J’en peux plus. Je vais devenir folle. Je n’arrive plus à être bien, je suis tous les jours entrain de bosser et je passe mon temps à m’engueuler avec ma mère et Hervé. Il va vraiment falloir faire quelque chose. Lydia arrive jeudi, forcément elle arrive le bon jour, celui de mon oral.

Je ne sais plus quoi faire, et je ne sais même pas comment dire ce qu’il se passe dans ma tête en ce moment. Je suis en même temps révoltée, attristée, déboussolée et exténuée. Et rien n’y fait . Je ne change pas, il n’y a aucune évolution. Je suis au bout du rouleau, ne me demandez plus rien j’en suis incapable.

J’aimerai me relever, me dire que je suis capable de m’en sortir, que ce n’est qu’une baisse de moral, et comme me dit ma mère « tu as réussit à passer outre bien plus qu’une simple histoire avec Hervé, alors tu y arriveras ». Mais bien sûr. Est-ce qu’elle se rend compte que je suis au plus bas et que je n’arrive plus à voir un semblant d’espoir? Non ça elle ne le voit pas parce qu’elle non plus ne va pas bien. Mais punaise quelle famille de fou. Tout va mal. Ma grand-mère est toujours en maison de rééducation, son conjoint est toujours un moins que rien qui nous prends pour des débiles, ma tante est retombée malade de son cœur, mon père ne va pas bien, il est au bord de la dépression, mon grand-père a un cancer de la gorge ( j’oserai dire que c’est étonnant ), bien sûr ça ne va pas avec mon autre grand-mère je n’encaisse toujours pas et puis pour couronner le tout, mon beau-père me prends le choux et mes tantes du côté de mon père sont au plus mal. Sinon c’est la fête J . J’aimerai en voir le bout, donnez moi des astuces, changer moi ma vie, apprenez moi à être heureuse, à rire sans faire semblant, à aimer se réveiller le matin sans se dire « Aller c’est repartit sort ton plus beau sourire. ». Voilà, c’est tout. Ma situation n’est pas du tout compliquée. Juste celle d’une ado en crise d’adolescence qui emmerde son monde. Un point c’est tout. Ou alors pas du tout. C’est peut-être bien plus compliquée que ça. Ça serait plutôt la situation d’une ado perdue qui aimerait s’en sortir et qui n’en peux plus de ce fardeau qu’elle traîne depuis des années.

Sachez que je tire mon chapeau bas à tout ceux ou celle qui s’en sont sortit parce que je ne sais pas où ils sont partit pêcher leur courage.

Même si je sais que mes amis sont autour de moi et que même ma famille est là ça ne change vraiment rien parce que personne n’est à ma place et personne ne sait comment réagir. Et c’est tant mieux je ne leur souhaite pas. J’en suis reconnaissante. Mais il me semble impossible d’aller plus loin. C’est pathétique parce que en tout ici j’ai du dire ça 20 fois et je suis encore ici entrain d’avancer même si ce n’est qu’avec des pattes de mouches. Mais au moins j’oserai dire que j’avance. Enfin après tout je n’en sais rien parce que je ne vois plus vraiment de différence.

Bon il faut que je m’arrête parce que je suis de plus en plus confuse, je m’embrouille et me contredis, je ne sais même plus ce que je dis, si je me répète ou si j’explore de nouveaux idéo, en attendant. Je m’en vais.

Lola .

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17 juin 2008

[ 57 ]

Tout me pèse. Cette situation avec Guy devient insupportable. Lydia est de nouveau malade, son problème au cœur revient, on ne sait pas ce qu’elle a, on attend les résultats. Le médecin de ma grand-mère veut nous voir, on ne sait pas ce qu’il veut nous dire et l’air de rien je redoute le pire. Les révisions pour le bac me prennent le choux je n’en peux plus de passer mes journées cloîtrée chez moi et d’étudier ces fichus biographies et analyse de texte. Et puis avec ma mère ça ne va pas vraiment non plus. J’ai l’impression qu’elle ne veut pas voir que ça ne va pas. Enfin c’est pas ce que je veux dire mais en ce moment elle est un peu submergée par tout ça et je le comprends très bien. Seulement voilà elle n’est pas la seule et j’ai l’impression qu’elle n’en prend pas compte. Ça fait plusieurs fois que je lui dis qu’avec Hervé, que j’encaisse pas du tout ses réflexions. L’autre jour il m’a dit qu’il ne voulait pas qu’un jour en rentrant je lui dise que Lilie est tombé sur le carrelage ou que je l’ai ébouillanté. « Bah c’est évident que je le ferais voyons » il m’a dit que je pourrai courir parce qu’il me tuerait. Ha bé oui merci ça fait toujours plaisir. Et lorsque je l’ai dit à ma mère elle a rigolé en me disant « toi aussi pourquoi tu lui dis que tu vas faire exprès de lui faire du mal ». Mais elle comprend pas que je suis rentrée dans son jeu. Comme si j’étais capable de ça ! Non mais je sais pas y a des limites quand même. Et puis il me répète sans arrêt que Lilie et moi on ne sera jamais pareil. Enfin bon voilà j’en peux plus de cette situation. Et vu que maman n’est pas bien elle m’engueule pour un rien. Aujourd’hui je travaillais depuis 2h j’ai eu le malheur de rigolé et elle m’a dit que je ne travaille pas. Bref voilà. Je suis entrain de me braquer de plus en plus et malgré le fait que je m’en rende compte ça ne change rien je n’arrive pas à faire autrement.

Tout s’embrouille dans ma tête je fais des « rêves » de plus en plus bizarre avec de plus en plus de personnes qui n’ont rien à y faire. Ma tête est un vrai chantier et je ne sais plus quoi faire. J’ai l’impression de m’enfoncer de plus en plus. Je suis de plus en plus susceptible, j’arrête pas de pleurer. Ça rime à rien tout ça. De toute façon rien n’a jamais rimer à quelque chose chez moi… Alors pourquoi ça commencerait.

Lola .

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13 juin 2008

[ 56 ]

Je sais très bien que mon silence ne résout rien, mais je ne sais pas ce que j’ai en ce moment. Rien ne sort… J’ai l’impression de cacher tout ce qui va pas, alors ça me ronge. Je pense que le coup de ma grand-mère me reste là dans la gorge.. Je ne l’encaisse pas du tout. Je suis en fin de compte toujours au même point depuis la dernière fois, toujours aussi bas. L’autre jour il m’a semblé aller bien, mais ce n’était pas vrai, enfaîte je me le cache à moi-même. Je me voile de plus en plus la face. Je ne sais pas quoi faire ni ou aller. Pourtant j’ai bien envie de me ressourcer. Je ne sais plus quoi penser non plus. On pourrait dire que je suis un peu perdue. Et ce n’est pas faux du tout, c’est vrai et je me sens impuissante face à mon comportement et face à cette chose qui s’empare de moi. Je n’arrive même pas à expliquer ce qu’il se passe dans ma tête. Je me remet beaucoup en question ces temps ci. Je sais que je ne suis pas comme tout le monde, et je n’ai pas envie de l’être non plus mais je me lasse de cette situation. De tous ces problèmes qui n’en finissent plus. J’ai l’impression de ne pas en voir le bout. Pourtant on va me dire que c’est normal, que ça prend du temps. Mais je n’y arrive pas, j’ai besoin de but, et je n’en ai plus. Je me demande en qui je peux faire confiance, qui sera toujours là pour moi. Qui est sincère et qui ne l’est pas. Où je vais et pourquoi? Si ça vaux la peine de souffrir comme ça.

Lola .

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09 juin 2008

[ 55 ]

Ces temps ci on peut dire que je vais bien.
Enfin c'est un peu monotone, c'est pas la grande éclate mais on fait aller en faite.
Je n'ai rien de bien passionnant à dire en ce moment.
Pas vraiment l'envie d'écrire non plus.
Alors je préfère me taire.

Lola .

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01 juin 2008

[ 54 ]

Petit week-end relativement mouvementé. C’était l’anniversaire de ma tante, la sœur de mon père, et pour ses 40 ans, nous avions prévu un week-end surprise. Tout s’est bien passé, elle n’y a vu que du feu. Vendredi soir nous sommes allé passé la soirée à Biarritz et nous avons beaucoup parlé. Elle en est arrivée à me dire qu’ils ont beaucoup parlé avec la thérapeute de ma grand-mère. D’après elle il se pourrait que si ma grand-mère n’avait jamais était là, mon grand-mère n’aurait jamais rien fait de tout ça. En gros ça voulait dire ça. Alors je me suis effondrée. Impossible de croire ça, impossible de me dire qu’elle était vraiment méchante à ce point. Nathalie m’a dit qu’elle me comprenait très bien, qu’elle ressent exactement les même choses que moi, elle a besoin d’un pardon, elle aimerait savoir pourquoi et toutes ces autres choses qui nous turlupinent. Elle m’a aussi remercié. Remercier d’avoir tout dit une bonne fois pour toute, de les avoir « libéré » et tout un tas de chose. Mais je lui ai dit que je culpabilisais plutôt qu’autre chose. Au fur et à mesure elles m’ont dit que j’étais encore jeune, que j’allais forcément m’en sortir, enfin bon toutes ces phrases que tu entends partout. Pour la première fois je leurs aie dit ce que je pensais exactement. Cette impression que ça me paraît impossible. Que même si je sais que je suis extrêmement bien entourée j’ai l’impression d’être seule, ou alors que je m’isole toute seule. Mais je ne veux pas de leurs aide, j’ai toujours avancé parce que j’avais un but, et c’était ma grand-mère, elle m‘a toujours aidé et j‘ai l‘impression qu‘elle seule peut m‘aider. Elle m’ont alors fait comprendre qu’elle ne m’a jamais aidé et que je me suis rattachée à quelque chose que moi seule voyait, en extrapolant la relation, mais que c’est apparemment normale. Mais je me dis que c’est pas possible. J’ai des souvenirs d’elle extraordinaire. C’est là qu’elles m’ont dis qu’elle nous a tous manipulé, autant les uns que les autre, pour que tout le monde croit qu’on est le seul à avoir cette relation là avec elle. Je me rends compte pourquoi elle n’a eu aucune réaction en me voyant pleurer devant elle l’autre jour. Tout simplement parce qu’elle n’a jamais réellement eu des sentiments pour moi, parce qu’elle a toujours joué un rôle et qu’elle a toujours tout vu. Francine a glissait dans la conversation qu’il y a bien longtemps que Mémé est morte, à l’intérieur d’elle-même. Cette phrase m’a comme achevé un peu plus que les autres. Je me suis mise encore une fois à fondre en larme. J’y arrive pas, j’arrive pas à encaisser tout ça en l’espace de moins d’une semaine. Je comprends plus rien. Je suis complètement perdue, j’ai plus aucun repère. Tout ça m’a déstabilisé, dérouté, et encore plus détruit que ce que j’étais. Je me souviens encore de toutes ces belles phrases qu’elle me glissait à l’oreille quand j’avais une petite mine, ou alors de tous ses câlins, ses promesses, ces après-midi à rire comme des folles, comme une amie, comme une confidente, comme quelqu’un d’exceptionnelle. Quelqu’un de soi-disant toujours là pour moi, qui m’aime et me protègera… J’étais vraiment loin de m’imaginer tout ça, loin aussi d’imaginer la claque dans la gueule que je viens de me prendre. Pas un seul jour n’est passé sans que je pleure plus d‘une heure, je ne dors plus, ne mange plus. Ça faisait bien longtemps que je n’avais plus était dans cet état là.

Lola .

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29 mai 2008

[ 53 ]

J’ai passé une dure journée. L’air de rien la matinée était bien longue, impossible de me retenir de pleurer. Et l’après-midi était plutôt calme vu que je ne suis pas aller en cours. J’en ai beaucoup parler avec Hélène, une amie, elle m’a dit que c’était déjà bien que je lui ai tout dit, que j’en avais besoin. Oui c’est vrai mais je me rends compte de beaucoup de chose et ça me fais mal. J’ai l’impression de ne pas pouvoir envisager de vivre sans elle et de me dire qu’elle est mauvaise et qu’elle l’a toujours était. Pourtant je n’ai pas envie de me voiler la face, c’est assez compliqué et je ne m’y retrouve plus. Je ne sais plus trop où j’en suis, ce que je dois faire pour aller mieux, ce qui me fait réellement mal. Si c’est le fait qu’elle m’ait dit tout ça ou plutôt le fait que je me suis bousié toute mon enfance pour une personne qui n’en vaux pas la peine. Et même le fait de dire qu’elle n’en vaux pas la peine me fait mal, je ne veux pas y croire. J’y arrive pas. Pourtant il le faudra bien, et j’essaye de me remémorer tous les souvenirs que j’ai d’elle pour pouvoir me resituer. Je me demande si j’ai étais capable d’extrapoler notre relation, d’en faire quelque chose de plus fort que tout alors que ça ne l’était pas simplement parce que j’avais besoin de me rattacher à quelque chose. J’ai l’impression d’avoir tout raté, j’ai un manque de confiance en tout le monde qui ressurgie c’est affolent. Une totale remise en question.

Lola .

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28 mai 2008

[ 52 ]

Et oui ce fut le grand jour. Le jour que j’attendais le plus depuis plus de 3 ans… J’ai vu ma grand-mère cette après-midi et nous avons parlé de ma lettre. D’après elle je ne m’ouvre pas assez, je devrais tout oublier. J’ai tenté par mil et un moyen de lui expliquer que ce genre de chose ne s’oublient pas, que ça reste là, au fond dans les tripes. Je lui ai demandé la fameuse question, si elle savait quelque chose et elle m’a répondu que non. Qu’elle n’a jamais rien su. Je lui ai alors tout dit, que lors du dépôt de plainte jamais une seconde je me suis demandée si elle me croirait, pour moi c’était une évidence, on avancerait l’une avec l’autre comme on l’a toujours fait. Je lui ai également dit que j’attendais simplement de la reconnaissance de sa part ,« Et je fais quoi là ? C’est pas ce que tu attends? » Oh que non ce n’était pas ce que j’attendais. J’espérai avoir un simple pardon, ou me dire qu’elle comprend que je souffre et que j’ai souffert, ou qu’elle me remercie d’avoir tout fait pour elle pendant tout ce temps. On a aussi parlé de ma tante Francine, celle qui a subit également des attouchements. Pour ma grand-mère, elle n’a fait que mentir. Alors je lui ai demandé pourquoi elle me croit et pas elle. Elle m’a répondu que de toute façon au début elle ne me croyait pas, qu’elle pensait que c’était une dispute entre copines qui entraînait tout ça. Je me suis permise de lui rappeler que 3 mois auparavant que je le dise Francine venait de finir sa thérapie et n’avait parler qu’a sa sœur du fait qu’elle avait occulter tout ceci avec son père. Alors comment veut-elle que Francine mente? On a pas fait une machination quand même! Par la suite ma grand-mère m’a dit que tous ses enfants lui tournent le dos, surtout Francine bien évidemment. Elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit : il y a peu de temps avant le procès lors d’une discussion ma grand-mère a osé lui dire: « Mais je ne comprends pas tu as passé une enfance formidable avec ton père, arrête tes conneries. » Je ne me suis pas gêné de lui dire que cette phrase était immonde. Tout en prenant mon exemple et en lui disant que si un jour elle m’avait dit que j’avais passé la plus formidable enfance avec mon grand-père je serais partie, je me suis mise à pleurer. De lui dire ça m’a complètement bouleverser je pleurais sans plus m’arrêter. Et ce qui m’a encore plus dépité c’est la réflexion qui a suivit. Elle m’a alors dit qu’elle trouve que je me prends trop la tête avec cette histoire, et que je devrais tout oublier, que après tout, ce n’est pas si grave que ça. Elle m’a également dit que de toute façon elle sait très bien qu’on aimerait qu’elle quitte mon grand-père mais que le choix entre nous et lui est déjà fait, mais avec moi elle veut bien parler, c’est ça l’amour dit-elle. Je lui ai répondu que moi entre mon enfance et elle je l’ai choisit elle, et que pour moi l’amour ne consiste pas à poser mes fesses sur une chaise devant elle tout les 29 février et lui dire que je ne vais pas bien parce que son mari m’a abusé pendant 10 ans. J’aurai voulut qu’elle soit là dès le début, qu’elle me soutiennes. Pour moi l’amour c’est bien autre chose, quelque chose avec laquelle elle a jouer pendant bien longtemps avec moi.

J’ai tellement idéalisé ma grand-mère que je viens de tomber d’un immeuble haut comme jamais. Je me retenais de pleurer et demanda à mon père de rentrer. Arrivé à la maison maman était là, à vouloir tout savoir. Surtout comment j’allais alors je lui ai tout raconté. Les larmes montés puis se bloquaient arrivé au bord des yeux lorsqu’elle fit toutes ses remarques. J’attendis qu’elle parte, mis ma musique, pris mon coussin et en l’espace d’un instant un ouragans de larmes jaillissait de mes yeux. Impossible de m’arrêter. Je viens de me rendre compte qui est ma grand-mère, tout ce que j’ai fait pour elle et tout ce qu’elle n’a jamais fait pour moi. Je me rends compte que même après lui avoir dit que j’attendais une reconnaissance de souffrance elle ne le fait même pas. Elle ne me croit toujours pas. Je suis une folle, tout comme le reste de la famille et c’est son point de vue. Je me repasse l’heure passée là-bas, pensant à toutes ses phrases, toutes les miennes, tout ce que j’aurais éventuellement mal interpréter mais en faite non. J’ai bien tout compris, je savais que je n’aurais pas la réponse que je voulais. J’attendais d’elle beaucoup trop de chose et malgré que je fasse mon possible pour la comprendre, au fond je regrette qu’elle n’ait rien fait, qu’elle m’ait laisser seule tout ce temps. Et j’oserais même dire, qu’elle m’ait laissé seule, à pleurer devant elle tout en me disant « mais ne t’en fais pas c’est pas grave de toute façon tu devrais te concentrer sur tes études et oublier tout ça parce que ça ne rime à rien » .

Que voulez vous que je vous dise. Ce soir je suis au plus profond. A partir du moment ou j’ai compris qu’elle ne serait pas au près de moi, je savais que le plus dure a encaisser ne serait pas les actes de mon grand-père mais la trahison de ma grand-mère et toute la peine que j’éprouve en ce moment.

Lola .

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25 mai 2008

[ 51 ]

Suite a cette apres midi d'hier ou je ne savais pas quoi faire, j'ai alors décidé d'aller au skate park. Plus tard j'ai retrouvé Agathe, et lorsque nous allions rentrer dans Séphora mon portable s'est mis à sonner, c'était un numéro que je ne connaissais pas mais peu importe je réponds. J'entendis une voie de femme, agée qui me dit " Me reconnais-tu?" . Bien sûr que je la reconnais ! Cette voie entre mille je l'a reconnaitrai. C'était ma grand-mère. Elle pris quelques nouvelles et me dit qu'elle a reçu m'a lettre, que je lui ai fait un vrai roman. Elle me rappella alors qu'elle ne pourrait pas écrire autant qu'elle le voudrait et qu'elle voudrait que l'on se voye pour en discuter face à face. L'air de rien je ne faisais qu'acquiésser j'étais comme bouche bé. On en a conclu qu'on se verrait mercredi aprés-midi.
Je suis en même temps contente parce que je vais avoir une réponse et que c'est vraiment trés important pour moi. Mais j'ai trés peur de cette réponse justement et puis de la voir aussi. Je sais qu'elle est malade et la derniere fois j'ai eu vraiment du mal apres donc je ne sais pas vraiment comment je vais réagir. Et puis je ne sais pas si je suis capable de lui dire tout ça en face, de lui tenir tête si elle n'est pas daccord. Je suis casi sûr que je vais me mettre à fondre en larme comme jamais. Enfin bon de toute manière je suis quand même heureuse de pouvoir en discuter avec elle et seulement avec elle. De pouvoir avoir une réponse qui vient d'elle même. Et puis de voir qu'elle a été aussi rapide c'est qu'elle ne doit pas totalement s'en moquer de moi. Alors ça me touche.
Je l'ai dit à ma mere, et elle ne m'a pas fait de reflexion, elle me comprend surement mieux maintenant.
Bon allez je vais au lit il faut que je me repose.

Lola . 

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